Un schéma tout-tubes : de l’entrée à la sortie
En 1963, l’intégration du préamplificateur, du tuner FM/AM et de l’amplification dans un même récepteur stéréo reste un tour de force technique. Contrairement à plusieurs concurrents déjà tentés par le transistor sur certaines fonctions, Scott maintient ici une section 100 % à lampes, jusque dans le multiplexage FM stéréo (tubes 12AX7/ECC83 et 6U8 au cœur du décodeur). Cela se traduit par une signature sonore homogène, chaude et détaillée, qui reste la marque de fabrique de la marque de Maynard, Massachusetts.
- Comparatif : Beaucoup de récepteurs Fisher, comme le 500-B, basculent déjà vers des sections à semi-conducteurs pour le multiplex ou l’alimentation, ce qui modifie la restitution (source : Audio Classics).
- La différence Marantz : L’excellent Model 18 (sorti en 1967) est déjà full-transistor et, s’il brille par sa précision, perd le grain particulier du tout-tubes.
Des transformateurs de sortie à la hauteur
Au cœur de l’amplification, Scott emploie des transformateurs exclusifs à noyau EI, dimensionnés largement au-dessus de la norme. Leur bande passante réelle s’étend bien au-delà de 20 kHz dans le haut et descend sans fléchir sous les 25 Hz, avec une distorsion harmonique totale annoncée à moins de 0,5 % à pleine puissance. Rare, même dans la production américaine de l’époque.
McIntosh, certes, règne avec sa technologie Unity Coupled et ses transformateurs surdimensionnés, mais à un tarif 2 à 3 fois supérieur (source : HiFi Engine). Le Scott 380 démocratise ainsi un raffinement sonore qui restait souvent l’apanage des appareils très haut-de-gamme.