À l’origine de la haute fidélité, le son n’était pas seulement affaire d’électronique brillante, mais d’objets physiques capables de transmettre une émotion brute et palpable. Les enceintes à haut rendement (ou « efficacité »), c’est-à-dire celles capables de produire un volume sonore élevé à partir d’une puissance faible, jouent un rôle central dans cette épopée.
Pour comprendre l’impact du haut rendement, un chiffre suffit : une enceinte affichant 100 dB/W/m génère la même pression acoustique sous 1 watt qu’une enceinte de 87 dB/W/m sous 20 watts. À l’époque de l’amplification à lampes et des premières radios grand public, cette efficacité faisait toute la différence, car les amplis ne dépassaient guère quelques watts.
Mais le haut rendement, avant de devenir l’apanage d’une élite audiophile, fut le standard : des sonorisations de cinéma des années 1930 (pensons aux mythiques Western Electric 555) aux salons bourgeois où trônait le meuble-radio, l’essor de la Hi-Fi s’est d’abord construit sur ces monstres d’efficacité.
