La Deutsches Institut für Normung, ou DIN, institution allemande fondée en 1917, devient une référence dès l’après-guerre. Elle est portée par le redressement industriel allemand, dont la production de radios et d’électronique grand public occupe une place centrale.
La connectique DIN : Symbole d’une époque
Difficile d’évoquer la Hi-Fi européenne des années 1960-1980 sans ses célèbres connecteurs circulaires, devenus emblématiques chez Telefunken, Grundig, Philips, Braun, Dual ou Saba. Le connecteur standard DIN 41524 (inauguré en 1953) offrait plusieurs variantes : 3, 5 ou 7 broches, destinées aux liaisons audio (entrée/sortie magnétophone, platine, tuner…).
- Polyvalence : Un seul câble, et parfois une prise unique sur l’appareil, pour toutes les entrées/sorties. Fini les bouquets de prises RCA.
- Facilité d’usage : Les broches étaient disposées pour éviter toute erreur de branchement, participant à la réputation de robustesse des appareils allemands.
- Limites : Ces connecteurs étaient parfois inadaptés à l’audiophilie moderne, avec une impédance standard de 100 kΩ peu compatible avec certains appareils internationaux et une légère perte de qualité relative aux RCA dorés privilégiés plus tard.
Anecdote méconnue : le câblage standardisé de la prise DIN fut également adopté dans le monde informatique (connecteur clavier PC/AT ou MIDI), preuve de sa robustesse et de son influence bien au-delà du cercle Hi-Fi.
Plus qu’une prise, une philosophie industrielle
La normalisation DIN imprègne aussi les châssis, les façades, les dimensions des racks audio (DIN 43700), les niveaux de signal, l’impédance et l’alimentation. Un tuner allemand DIN pouvait s’encastrer fièrement dans les meubles de salon standardisés, à la façon d’un module, abolissant la jungle des dimensions hétéroclites vues ailleurs.
Les fabricants suivaient ainsi un schéma qui facilitait la standardisation en production et l’exportation, mais qui, par la suite, limita parfois leur capacité d’adaptation face à l’explosion des standards anglo-saxons (RCA, jack, etc.).