Pour apprécier le chef-d’œuvre qu’est le disque vinyle, il faut parcourir l’histoire de la normalisation de la courbe d’égalisation RIAA, adoptée en 1953. Avant cette date, chaque maison de disque américaine appliquait sa propre courbe lors de la gravure, variant tantôt dans les fréquences basses (exagérées pour le groove) tantôt dans les hautes (pour limiter le souffle). Résultat : incompatibilité, nécessité d'interrupteurs multiples sur les préamplis, et fastidieux ajustements d’écoute !
- La Recording Industry Association of America (RIAA) a œuvré pour une courbe de correction unique et universelle.
- En pratique : Les fréquences basses sont atténuées lors de la gravure (pour éviter que le sillon du disque ne soit trop large) puis amplifiées à la lecture, tandis que les hautes sont boostées à la gravure (pour limiter le bruit) puis corrigées à la lecture.
- Conséquence : Une compatibilité totale entre n’importe quel disque et n’importe quelle cellule phonocaptrice, ouvrant l’ère des platines universelles.
À noter : la courbe RIAA s'est imposée quasi mondialement sauf dans quelques pays, comme le Japon ou la Russie, où des variantes sont apparues brièvement. Mais l’essentiel était posé : la haute fidélité trouvait enfin, avec la RIAA, son premier socle normalisé. (Source : AES, "The Development of the RIAA Record and Playback Equalization Curve", John R. Rydberg, 1981)
