Impossible de parler de ce grand basculement sans évoquer l’irruption du Compact Disc en 1982 (Sony/Philips), qui marque l’entrée fracassante de la musique dans le royaume du numérique grand public (source). Mais penser que tout s’est joué là serait occulter un mouvement plus vaste, qui a touché tant les supports que l’électronique, les modes d’écoute que la façon de penser la restitution sonore.
- Le CD audio : Premier support numérique de masse, il vise une résolution de 16bits/44.1kHz, bien supérieure à la capacité annoncée du vinyle sur les critères de bruit de fond et de dynamique. Il signe aussi la disparition d’un bruit discret qui faisait partie de l’expérience analogique, au profit d’un silence de fond total.
- Émergence du numérique dans les lecteurs et amplis : DACs intégrés, algorithmes de correction d’erreurs, préamplis munis de convertisseurs — peu à peu, les machines héritent d’une intelligence autre, indispensable pour traiter ces nouveaux signaux.
Au fil des années 90 et surtout 2000, les fichiers et flux dématérialisés prennent le relais. MP3 et ses héritiers (AAC, OGG, FLAC) changent totalement la relation à la musique, mais pas sans défi : compression, pertes, puis recherche frénétique de l’intégrité sonore. C’est là qu’interviennent d’autres révolutions.
