Durant les années 1950 et 1960, l’âge d’or des amplificateurs à tubes, la haute fidélité se conjuguait avec abondance de matière. Un intégré HH Scott, par exemple, pouvait peser plus de 15 kg et occuper la moitié d’un buffet de salon. Chaque watt stéréo nécessitait sa triode, ses transformateurs massifs... et une place de choix. Pour l’audiophile, la taille était synonyme de sérieux, de stabilité, parfois même de prestige : la robustesse visuelle de ces géants rassurait autant qu’elle impressionnait (voir Hi-Fi Stereo Review, 1958).
Pour saisir l’onde de choc de la miniaturisation, il faut d’abord réaliser à quel point la « grande musique » s’ancrait dans la matérialité du matériel. On retrouvait dans un HH Scott 299B une dizaine de grosses lampes, des condensateurs en alu parfois plus larges qu’un poing, montés sur des circuits point à point. Le monstre captait l’œil, mais aussi la chaleur et la poussière !
