Avant les transistors, le monde audio reposait sur la lampe (ou tube) électronique, inventée en 1904 par John Ambrose Fleming. Ces tubes, véritables icônes de l’ingénierie électro-acoustique, composaient l’essentiel des amplificateurs, préamplificateurs et récepteurs des années 1930 à 1950. La hi-fi — au sens noble et exigeant — est née dans ce giron incandescent, à l’image des appareils HH Scott des années 50, réputés pour leur musicalité et leur chaleur sonore.
Et puis, en 1947, le point d’inflexion : John Bardeen, Walter Brattain et William Shockley, ingénieurs chez Bell Labs, annoncent la naissance du transistor. À l’époque, l’événement semble d’abord réservé à la téléphonie et à la radio, mais il va rapidement redessiner le visage même de l’audiophilie. Le transistor bouleverse non seulement l’électronique, mais aussi l’industrie musicale, la sociologie du loisir et la « culture du son » tout entière.
