En mars 1979, lors d’un mémorable sommet aux Pays-Bas, Sony et Philips comprennent que la bataille des formats nuitrait à l’essor du disque optique. Les deux géants décident d’unir leurs forces. S’ouvre alors une période de compromis techniques et de débats houleux où chaque détail, du diamètre à la fréquence d’échantillonnage, compte.
Les choix techniques décisifs
- Diamètre du disque : Après discussions, le format retenu est de 120 mm. L’anecdote circule : il fallait que le CD puisse contenir la Neuvième Symphonie de Beethoven dirigée par Karajan (soit environ 74 minutes), mais c’était en réalité une façon marquante de convaincre les décideurs (source : Mark Fleischmann, The CD: the inside story).
- Codage numérique : Le PCM 16 bits à 44,1 kHz s’impose. Ce choix n’est pas anodin : il permet un rapport signal/bruit de 96 dB et une bande passante de 20 Hz à 20 kHz, répondant à l’idéal haute-fidélité de la discipline.
- Structure du disque : Le substrat en polycarbonate transparent, la gravure en spirale de micro-pits, la lecture par faisceau laser : tout est défini pour garantir stabilité, robustesse, et fiabilité dans le temps.
La naissance du Red Book : la « Bible » du CD audio
En juin 1980, voit le jour la première édition du fameux « Red Book » (ou Livre Rouge), rédigé par Sony et Philips, qui fixe noir sur blanc l’ensemble des spécifications pour le Compact Disc Digital Audio (CD-DA):
- Diamètre de 120 mm, épaisseur 1,2 mm
- Capacité de 74 minutes et 650 Mo environ
- PCM 16 bits/44,1 kHz, stéréo
- Protection contre les erreurs (Cross-Interleaved Reed-Solomon Coding)
- Structure logique (TOC – Table of Contents)
C’est ce standard, d’une précision quasi obsessionnelle, qui permettra la compatibilité universelle des platines et des disques, favorisant une adoption mondiale. Le Red Book est encore aujourd’hui la référence technique (NPR, 2012).