À la fin des années 1960, le marché de la haute fidélité est en pleine mutation. Les salons américains – de New York à San Francisco – vibrent encore des sons chauds des amplis à lampes. Les marques américaines comme H. H. Scott Inc., Fisher ou Marantz règnent en maîtres sur l’innovation, vantant une fabrication locale et une réputation solide acquise depuis les années 1950. Mais un vent de changement souffle à l’est : le Japon, pays en rapide industrialisation, amorce son irruption silencieuse sur la scène mondiale. Le choc ne sera pas immédiat, mais il s’inscrira dans la durée et bouleversera la hi-fi à jamais.
Quelques chiffres dressent le tableau. Entre 1965 et 1975, la part de marché globale des équipements audio japonais aux États-Unis passe de moins de 10 % à plus de 50 %. En 1976, selon la Consumer Electronics Association (CEA), le Japon exporte pour plus de 750 millions de dollars d’équipements grand public vers les États-Unis. La nouvelle vague est en marche.
