Avant que les “watts RMS” ne s’imposent dans la littérature et le discours commercial, la puissance des amplificateurs était un territoire flou. Dans les années 1940 et 1950, l’essor de la radio puis de la Haute Fidélité amène industriels et ingénieurs à chiffrer les performances de leurs appareils. Mais chaque constructeur y va de sa propre méthode : puissance dite “musicale”, “peak” (crête), “instantanée”, parfois même avec des valeurs pyrotechnisées pour séduire. Ces variations – parfois de l’ordre de 200 à 300 % d’écart sur le même amplificateur – provoquent au fil du temps suspicion et confusion chez les consommateurs.
La puissance crête (“peak power”), par exemple, désigne la puissance maximale que l’appareil peut délivrer pendant une fraction de seconde. Certains fabricants, dans les années 1960 (notamment aux États-Unis et au Japon), préfèrent même afficher des chiffres purement théoriques, déduits des alimentations, gonflant artificiellement les performances réelles. Cela aboutit à des notices dithyrambiques : un modeste ampli de salon pouvait ainsi afficher trompeusement 100 watts… alors qu’il saturait bien avant.
Face à cette jungle, les utilisateurs et la presse spécialisée réclament un critère fiable, stable, comparable.
